Ensemble!
vendredi 4 septembre 2009
La rentrée politique de Dominique de Villepin
Après deux mois d'un été riche en voyages, qui l'ont conduit de sa terre natale le Maroc, jusqu'au delà des limites orientales de notre vieux continent en Chine, Dominique de Villepin nous revient à l'occasion d'un entretien accordé aux journalistes Christophe Barbier et Eric Mandonnet publié ce jeudi dans l'Express.
Il y dénonce la confusion des genres dans l'affaire Clearstream, avec un exécutif influant la justice par tous les moyens. Aussi il invite à juger la politique menée actuellement non pas à l'aune des nombreuses réformes annoncées, mais aux résultats de celles-ci. Et bien entendu il se fait comme à son habitude force de propositions, qui sait on jamais, seront reprises dans les semaines à venir. En outre, Dominique de Villepin insiste sur le rôle de la société civile, notre rôle en somme, dans la recherche de l'intérêt général. Il souligne le travail remarquable de Bruno Le Maire au gouvernement, et nous invite à se rassembler au sein du Club Villepin, pour ainsi soutenir une alternative à la politique menée actuellement.
Concernant l'agenda médiatique, rendez-vous, vendredi 11 septembre 2009 à 8h20, Dominique de Villepin sera l'invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.
Enfin n'oubliez pas de rejoindre vos groupes régionaux, respectifs, et si d'aventure il n'était pas encore créé, on compte sur vous pour en prendre l'initiative; souvenez vous, votre engagement est notre force ;)
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - ALSACE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - AQUITAINE
Comité de soutien VILLEPIN 2012- AUVERGNE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - BOURGOGNE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - BRETAGNE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - CENTRE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - CHAMPAGNE ARDENNE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - HAUTE-NORMANDIE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - ILE DE FRANCE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - LANGUEDOC-ROUSSILLON
Comité de soutien VILLEPIN 2012- LIMOUSIN
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - NORD-PAS DE CALAIS
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - PAYS DE LA LOIRE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - PICARDIE
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - POITOU CHARENTES
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - RHONE ALPES
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Comité de soutien VILLEPIN 2012 - CANADA
Comité de soutien VILLEPIN 2012 - LUXEMBOURG
Enfin, nous vous encourageons une nouvelle fois à rejoindre le Club Villepin, c’est la meilleure manière de soutenir l’action politique de Dominique de Villepin.
Le site ainsi que l’activité du club devraient débuter à la rentrée de septembre.
Bien à vous,
Amitiés,
Guillaume
mardi 1 septembre 2009
Van Ruymbeke "Sarkozy n'a eu de cesse de m'agresser"
Il affirme que durant son enquête dans l'affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy "n'a eu de cesse de l'agresser". Il rajoute "Jamais il ne m'a informé du complot qui soit disant se tramait contre lui..."
Interrogé en tant que témoin lors du procès, il déclare qu'il n'hésitera pas à remettre "les choses d'équerre". On peut s'en réjouir.
Il reste encore des juges capable de résister à la pression du pouvoir exécutif. Pendant combien de temps encore ?
samedi 29 août 2009
Affaire Clearstream : une Justice exécutive
Le procès Clearstream n’a pas encore débuté que le procureur de la République monte déjà au créneau sur Europe 1 pour porter une charge violente contre Dominique de Villepin. L’instrumentalisation de ce procès ne fait désormais plus aucun doute…
Nous avions déjà dressé un récapitulatif de l’affaire Clearstream dans un précédent article. Pour mémoire, Dominique de Villepin aurait pu être jugé par la Cour de Justice et invoquer la raison d’Etat (en tant qu’ancien Premier Ministre) pour échapper aux différentes accusations pesant contre lui: il a au contraire choisi d’être jugé en simple citoyen, afin d’obtenir une réhabilitation sans équivoque. Un choix audacieux compte tenu de l’intérêt particulier de Nicolas Sarkozy dans cette affaire.
Un étonnant revirement
En juin 2008, l’ancien hôte de Matignon avait été renvoyé devant le Tribunal de Grande Instance de Paris pour « complicité d’usage de faux, recel de vol et abus de confiance ». Le tribunal avait jugé peu crédible ces hypothèses: Jean-Claude Marin lui-même affirmait en juin 2008 que les « charges n’apparaissaient pas suffisantes » pour justifier le renvoi de Dominique de Villepin devant le tribunal correctionnel. L’ancien secrétaire général de l’Elysée espérait donc le « non-lieu parfait », mais la position adoptée par Jean-Claude Marin a été contradictoire: vraisemblablement mis sous pression par l’Elysée, celui-ci a réclamé des juges Pons et d’Huy des « investigations complémentaires de contexte».
L’avocat Yves Richard s’en était alors étonné : « La presse s’était fait l’écho que le procureur s’orientait vers un non-lieu pour M. de Villepin. Mais au final, le parquet a requis son renvoi en correctionnelle à minima après quelques mesures d’instruction qui n’ont rien apporté de neuf ».
Qui est Jean-Claude Marin ?
Xavier Monnier de Bakchich a publié un très bon article permettant de mieux comprendre les motivations de Jean-Claude Marin dans cette affaire: le magistrat y est dépeint comme « doté d’un grand sens politique, ayant été balladurien, pour virer chiraquien, avant de tourner sarkozyste, avec à chaque fois un seul objectif : sa carrière.. »
Désormais dans les bonnes grâces du pouvoir en place, il met tout en oeuvre pour conserver son poste de Procureur de la République. Il a ainsi défendu avec acharnement le projet de suppression du juge d’instruction et la réforme de la Justice voulue par Rachida Dati. Dans son dernier livre, l’écrivain Frédéric Beigbeder, qui a été confronté au personnage, en parle en ces termes : « Les mots : Jean, Claude, et Marin, pour les générations à venir seront le symbole de la Biopolitique Aveugle et de la Prohibition Paternaliste…»
Il est vrai que nous sommes en droit de nous étonner que le procureur de la République soutienne en personne les charges d’accusation et, fait encore plus rare, qu’il s’exprime en ce sens avant même l’ouverture du procès: Jean-Claude Marin se permet de rendre la justice par anticipation lorsqu’il affirme que Dominique de Villepin est « l’un des bénéficiaires collatéraux mais parfaitement conscient » de cette affaire, et annonce qu’il « aura raison ». Une position d’autant plus troublante lorsqu’on la met en perspective avec le message qu’avait fait passer Rachida Dati à certains proches de Dominique de Villepin, et que le Canard Enchainé avait rendu public : « Dites à Villepin que la composition du tribunal correctionnel a été faite méticuleusement par Patrick Ouart (le conseiller justice de Nicolas Sarkozy) pour s’assurer de sa condamnation…»
Instrumentalisation politique
Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach sur les preuves portées au dossier, Jean-Claude Marin marque un temps d’arrêt et affirme détenir « des élements », en citant timidement le « verbatim du général Rondot ». Ce dernier avait pourtant affirmé que Jean-Louis Gergorin était à l’origine de l’affaire avec Imad Lahoud, et que Dominique de Villepin était de bonne foi et ne lui avait jamais demandé d’enquêter. Interpellé sur le fait qu’il agirait sur commande, Jean-Claude Marin accuse le même silence, avant d’affirmer que, dans cette affaire, c’est sa « conviction » qui le motive.
L’avocat de Dominique de Villepin, Me Olivier Metzner, s’interroge à juste titre: « Est-ce qu’il s’exprime de sa propre initiative ? nous sommes en droit de nous poser la question. Il replace ce procès dans un contexte politique, ce qui me surprend pour un magistrat qui doit faire du droit et non de la politique ».
Dans une longue note adressée aux juges d’Huy et Pons en octobre 2007, Dominique de Villepin regrettait déjà l’instrumentalisation du dossier : « Combien de nouvelles attaques devrai-je supporter avant que chacun puisse se rendre à l’évidence qu’il y a, au cœur de ce dossier, une impression vive et une instrumentalisation inacceptable ? Quand on désigne du doigt un faux coupable et qu’on se désigne soi-même comme une victime politique, on enclenche, dans un pays comme le notre, une véritable chasse à l’homme où tous les moyens sont bons, rumeurs, délations, calomnies, désinformation.. »
Certains députés villepinistes n’ont pas attendu le début du procès (qui se déroulera le 21 septembre) pour dénoncer une instrumentalisation de la Justice qui au fil des mois s’est faite plus criante. Sur son blog, le député de l’Hérault Jean-Pierre Grand affirme que « jamais on n’avait vu, depuis la Libération, une telle atteinte au fonctionnement de la Justice. Dominique de Villepin est traité comme un dissident soviétique ». Jacques Le Guen parlait quant à lui sur son profil facebook d’une « opération de déstabilisation commandée » si aucune sanction « n’était prise par la Garde des Sceaux à l’encontre du procureur général de Paris, qui a rendu publique son interprétation personnelle d’une affaire en cours ».
Sarkozy juge et partie
Dans ce procès, rappelons-le, Nicolas Sarkozy est partie civile, allant à l’encontre de la prévision de l’article 67 de la Constitution que le Président de la République « ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ». Dans l’affaire concernant le piratage de ses comptes bancaires, le tribunal de Nanterre a d’ailleurs rappelé cet article et a déclaré que « l’immunité pénale dont bénéficie Nicolas Sarkozy dans la Constitution introduisait une atteinte au principe d’égalité des armes avec les prévenus. Par ailleurs, les juges rappellent que le président de la République est toujours à la tête du Conseil supérieur de la magistrature, qui règle les carrières des magistrats. Du fait de ce lien avec les magistrats, il est possible que les justiciables considèrent qu’ils n’ont pas affaire à des juges impartiaux lorsqu’ils ont le chef de l’Etat comme plaignant dans un dossier. »
Ces doutes ont malheureusement été renforcés lorsque peu de temps après son élection, Nicolas Sarkozy a prolongé le juge Henri Pons au pôle financier de Paris. Dominique de Villepin avait alors saisi (en vain) le conseil d’Etat afin de dénoncer cet « intérêt à agir »…
Devant ce procès dont Nicolas Sarkozy, victime supposée, oriente l’instruction, l’impartialité de la Justice fait plus que jamais débat. Lui qui avait promis de « pendre à un croc de boucher » ceux qu’ils jugeaient responsables d’avoir fomenté le scandale, met tout en œuvre pour arriver à ses fins.
De Karachi à Clearstream, nous sommes plus que jamais sous le coup du deux poids- deux mesures, symbole d’une corruption à ciel ouvert du système judiciaire. Seul un sursaut républicain peut désormais permettre de sauver l’inévitable dans un procès aux accents de plus en plus kafkaïens…
La vidéo de Jean-Claude Marin sur Europe 1 :
Marin : Beigbeder est "d'abord un malade de la drogue"
envoyé par Europe1fr. - L'info video en direct.
samedi 8 août 2009
Les villepinistes au cœur de l’actualité

Autre fait marquant, la polémique engendrée par la décision de la Commission de Bruxelles de récupérer les aides perçues par les agriculteurs entre 1992 et 2002. Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin et aujourd’hui Ministre de l’Agriculture, a un peu trop rapidement été pris pour cible par certains médias. Face au silence de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, Bruno Le Maire a fait face avec courage et détermination à des problèmes laissés en suspens depuis bien trop longtemps.
Enfin Michel Cadot, ancien conseiller de Dominique de Villepin lorsqu’il était 1er ministre, vient d’être nommé préfet de Bretagne et d'Ille-et-Vilaine.
Pour finir, un conseil de lecture. Un article de L’Expression, l’un des plus grands quotidiens d’Algérie, consacré au dernier ouvrage de Dominique de Villepin, "La cite des hommes".
Quant à Jacques Chirac, il a annoncé dans une Interview à Nice Matin qu'il publierait à la rentrée une autobiographie couvrant "sa période présidentielle jusqu'à aujourd'hui". Le livre devrait être disponible en librairie à partir du 19 octobre.
mercredi 17 juin 2009
lundi 15 juin 2009
samedi 30 mai 2009
vendredi 29 mai 2009
lundi 25 mai 2009
Dominique de Villepin en déplacement en province prochainement
Selon le site web du Midi Libre, samedi 30 mai, sur invitation de Jean-Pierre Grand, député de l'Hérault, il sera en visite à la Féria de Nîmes, et dimanche 21 Juin, le site du mensuel du Golfe du Morbihan indique que DDV est invité au salon du livre de Vannes.
vendredi 15 mai 2009
Interview au magazine Le Point (14/05/2009)
Riposte. A quatre mois du procès Clearstream, il redouble de virulence. Et croit en son destin, comme jamais.
Il a changé de stratégie. Dominique de Villepin s'en va-t'en guerre ! Jusqu'alors, l'ancien Premier ministre émettait des réserves sur la gestion des affaires publiques, proposait des inflexions de cap, mais il s'interdisait la critique systématique et, surtout, refusait d'évoquer, fût-ce à la dérobée, sa chevauchée présidentielle.
Il attendait, pour faire plus ample mouvement, son acquittement (il n'imagine pas une autre issue) au terme du procès Clearstream, en septembre. Aujourd'hui, il a admis que ledit procès serait éminemment politique. Une primaire avant l'heure. Il a compris que Nicolas Sarkozy ne changerait pas.
« Se métamorphoser, c'est sans doute trop lui demander, confie-t-il au Point . Certains hommes politiques sont capables de se changer. Là, c'est plus difficile. » Alors... Alors Villepin prend acte. Et date.
« Les circonstances font que je crois n'avoir jamais été aussi déterminé à m'engager dans la vie publique qu'aujourd'hui », nous déclare-t-il avec la solennité des grands jours. Pour être encore un brin imprécise, la proclamation est néanmoins sans équivoque. Villepin a accepté de dissiper l'ambiguïté. « Jamais autant qu'aujourd'hui je n'ai senti à quel point mon engagement en politique était devenu non seulement nécessaire, mais naturel. Il y a un espace laissé vide, un besoin. »
Le besoin d'une parole « explicative », « structurante » et... alternative. Car il reconnaît désormais « aller un coup plus loin que ne le ferait un "honnête homme" en insistant comme (il) le fai (t) sur ce qui (lui) paraît essentiel. » Trop puissamment habité par l'idée qu'il se fait de sa destinée, il ne saurait se contenter plus longtemps d'être un observateur avisé et courtois sachant dominer ses émotions.
En dépit des apparences, ce n'est pas de lui que Villepin a une haute idée, mais de son destin. Il s'efforce de séparer son combat de lui-même. Cela fait toute la différence entre lui et un être ordinairement égotique. Toute la différence entre lui et un homme de peu de foi.
Vous en doutez ? Interrompez sa logorrhée et demandez-lui doucement s'il croit en Dieu. Le feu de joie et de mots qui jaillit de sa volcanique personne s'arrête net. Silence embarrassé. Alors, croit-il en Dieu ? « Oui ! Mais je n'en parle jamais... » répond notre homme plusieurs tons au-dessous de son timbre habituel. La voix, méconnaissable, n'est plus qu'un souffle. « C'est si fortement ancré en moi que ça ne se formalise pas politiquement. Ça ne peut pas, ça ne doit pas être un argument politique. »
Et de lâcher soudain, avec une brève moue dédaigneuse : « Les cerises en hiver, non merci ! » Allusion au dernier ouvrage d'Alain Juppé (« Je ne mangerai plus de cerises en hiver... », Plon), dans lequel le maire de Bordeaux, faisant fi de sa pudeur naturelle, commente son rapport à la transcendance. Très peu pour Villepin, qui ne cherche pas à « fendre l'armure », lui ! Bien au contraire...
Abasourdi
Il préfère guerroyer, chevelure argentée au vent et armes (sémantiques) au poing. « Nicolas Sarkozy, qui voulait être le début de quelque chose, est le dernier des Mohicans. C'est l'inverse de l'histoire qu'il voulait écrire. La rupture aura lieu après lui. » Il se mord les lèvres. Il ne souhaitait pas être aussi dur.
« La politique menée aujourd'hui manque d'ambition, reprend-il. Le président de la République pense que, tout à coup, les 100 graines qu'il a jetées dans les sillons de France vont fleurir. Ce qu'il ignore, c'est qu'une addition de demi-réformes ne fait pas une réforme. Cela fait deux ans que l'analyse économique et sociale du gouvernement est erronée. »
Le dada villepinien du moment : la « bataille de l'innovation », à côté de laquelle l'équipe au pouvoir serait en train de passer.
Ô délice, son statut d'opposant officiel est désormais reconnu, non seulement par les médias, mais aussi par ceux-là mêmes qu'il fustige. François Fillon n'a pas résisté, tout récemment, à la tentation de citer publiquement, pour le contrer, le nom de son prédécesseur. Villepin est sensible à cet hommage.
Si Sarkozy ne lui fait pas ce plaisir, il réserve à ses proches l'expression d'un ressentiment intact : « Le fou qui a voulu me tuer » , assène-t-il en privé, « ce play-boy médiatique qui n'est même pas élu », « ce prévenu qui pense encore pouvoir jouer les opposants et qui bientôt ne sera plus rien ».
« Bientôt » ?Le procès se tiendra du 14 septembre au 15 octobre. Alors que les sarkozystes se frottent les mains et que quelques-uns des amis de Villepin lui font valoir qu'il est rare, dans un procès politique, que l'opposant ne soit pas condamné, l'intéressé refuse de s'alarmer.
Evidemment, le jour du renvoi en correctionnelle, il fut abasourdi. « Pis que ça encore, avoue-t-il. Ce dossier ne pouvait pas déboucher sur autre chose qu'un non-lieu. Pendant la période où nous nous parlions, Nicolas Sarkozy et moi, je n'ai pas abordé avec lui le sujet Clearstream. Je ne suis pas un dealer ! Je ne voulais qu'une chose : qu'il n'y ait pas de pression politique. Or, au bout du chemin, le parquet s'est fait tordre le bras. »
Après son renvoi, il n'a pas appelé Sarkozy. « Ç'aurait été pour se soulager. » Le président ne s'est pas davantage manifesté. Depuis, « il n'y a plus de contacts et il n'y en aura plus ». Entre eux, le match sera d'abord judiciaire. Parce qu'il croit en sa belle étoile et fait mine d'ignorer les autres astres, Villepin s'est convaincu qu' « il vaut mieux être mis hors de tout soupçon au terme d'un procès qu'avec un non-lieu ».
Et comme il ne fait ni ne dit rien sans flamme et sans point d'exclamation : « Je serai au rendez-vous de septembre ! s'emporte-t-il. Je vais avoir une tribune ! C'est une énergie formidable, un procès ! C'est l'occasion de montrer qu'on n'a pas peur ! Toute ma vie, je me suis battu contre la peur ! »
En attendant cette échéance, il occupe le terrain médiatique. Ce mercredi-là, il se réjouit de trouver trois caricatures de lui dans Le Canard enchaîné . « Quelque chose se passe ! Sinon je ne serais pas entendu, Bayrou ne serait pas entendu... »
Bayrou. Le Béarnais aurait pu être un allié, y compris électoral. Se présenter sous les couleurs du MoDem, n'aurait-ce pas été de la dernière drôlerie ? « Je ne suis pas un mec drôle », tranche Villepin, toutes fossettes dedans. Il ne désertera pas sa famille politique, foi de gaulliste ! Le député des Pyrénées-Atlantiques sera donc un frère d'opposition. Il l'a « croisé deux fois dans un restaurant », mais ils n'ont pas encore pris le temps de se rencontrer tranquillement. Un rendez-vous était prévu ces temps-ci, décalé par Bayrou en raison de l'accaparante tournée de promotion de son livre.
Celui de Villepin (il est en train d'en corriger les épreuves) devrait sortir le 11 juin chez Plon. « La cité des hommes ». Ce ne sera pas une proclamation de foi antisarkozyste, moins encore un manifeste pour clamer son innocence. Villepin y causera politique internationale, vision du monde, un point c'est tout. Un point c'est lui. Le même qui est venu, le 1er avril, disserter de « La France et l'Otan » à l'Assemblée. La salle Victor-Hugo était comble. C'est là qu'il réitérera cette expérience euphorisante le 27 mai. Au menu : « La France et l'Europe ». Et comme il y a pris goût, il reviendra encore au Palais-Bourbon fin juin, cette fois pour évoquer les enjeux économiques et sociaux.
« Il s'agit de lui donner la capacité de se rappeler aux bons souvenirs des uns et des autres », expose le député UMP Georges Tron, l'un des organisateurs de ces réunions et porte-voix du très informel club des amis de Villepin. Une mouvance qui devrait se structurer juridiquement dans les prochains mois.
Pour un homme qui se rêve providentiel, n'est-ce pas déjà faire une vraie concession au réalisme politique ? Le chevaucheur empanaché, tout entier occupé à galoper sur la pente de son destin, semble enfin désireux de s'assurer qu'il est suivi.